Jacques Le Nantec, l’un des derniers grands sculpteurs figuratifs français, vient de nous quitter.
Dans un silence assourdissant.
Sans tumulte médiatique.
Sans la reconnaissance immédiate que méritent ceux qui ont consacré leur vie entière à célébrer l’humanité.
Et pourtant : partout où l’on aime la beauté, la grâce, la sensibilité, le monde de l’art est en deuil.
Nous perdons un maître.
Un créateur habité par la beauté du monde
Né en 1940 à Nantes, Jacques Métayer — dit Jacques Le Nantec — découvre à 13 ans sa vocation en réparant une statuette brisée. Ce geste fondateur le poursuivra toute sa vie : réunir, sublimer, magnifier ce qui est fragile.
Dès 17 ans, il expose quinze sculptures. Puis Paris, les Beaux-Arts, une existence de travailleur acharné : dessinateur, décorateur, sculpteur de cire, auteur de bande dessinée…
Il fera tout pour ne jamais renoncer à l’essentiel : sculpter.
Dans son atelier, il modèle un style reconnaissable entre tous : la figuration sensible, puissante, habitée par la noblesse du corps humain.
Le Nantec n’a jamais cédé à l’air du temps, aux modes éphémères ou au cynisme artistique.
Il a préféré la sincérité à la tendance, la maîtrise à la provocation, la vérité à la facilité.
Il fut – et demeure – l’un de ces artistes qui ne trichent pas.
Le sculpteur qui a magnifié l’humanité
Dans ses œuvres, le corps n’est jamais un prétexte.
Il n’est jamais objet.
Il est une célébration.
Jacques Le Nantec a su capter ce qui échappe à tant d’autres :
la grâce sans la mièvrerie,
la sensualité sans la vulgarité,
la puissance sans la brutalité.
Chez lui, la beauté devient évidence.
Le geste devient respiration.
Le bronze devient peau.
Et à travers ses figures féminines, humaines, sensibles, il nous invite à regarder la vie avec respect et fascination.
Dans un siècle parfois gagné par le désenchantement, ses sculptures sont des phares.
Un artiste libre, profondément français, paradoxalement universel
Il travailla en France, en Thaïlande, à Macao, créant sa propre fonderie, exportant ce que la France a de plus rare : une tradition sculpturale exigeante, transmise de génération en génération.
Il représentait une certaine idée de la France :
celle du geste juste,
du travail bien fait,
de la constance,
et de l’art comme mission – non comme posture.
À l’heure où la figuration revient dans les écoles et les ateliers, son œuvre apparaît plus actuelle que jamais.
Jacques Le Nantec fut un précurseur silencieux.
Un passeur de beauté.
Un exemple pour la Nation et pour nos jeunes créateurs
Dans un monde saturé d’immédiateté, son parcours rappelle que :
-
le talent ne meurt jamais,
-
la ténacité finit toujours par triompher,
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et que l’art véritable résiste au temps, aux modes, aux marchés.
Pour nos artistes émergents, Jacques Le Nantec est un modèle :
celui du chemin long, exigeant, obstiné , le seul qui mène aux œuvres qui demeurent.
Nos condoléances à sa famille, à ses proches, à ceux qui l’ont aimé
Parce qu’un artiste n’appartient jamais seulement à ses proches :
il appartient à tous ceux qu’il a touchés, inspirés, bouleversés.
À sa famille, nous présentons nos condoléances les plus profondes.
À ses amis et compagnons d’atelier, notre solidarité.
À ceux qui collectionnent, admirent, transmettent son œuvre : merci.
Le silence qui entoure sa disparition ne reflète pas la réalité :
Le Nantec laisse un vide immense dans le paysage artistique français.
Il méritait un hommage national.
Il mérite que l’on parle de lui.
Il mérite d’être étudié, transmis, célébré.
Aujourd’hui, nous lui rendons hommage.
Demain, nous continuerons.
