Cette soirée de fin d’année a marqué un temps de rassemblement. Un moment pour se retrouver, faire circuler les pratiques et rendre visible ce qui existe déjà avant l’ouverture officielle.
À l’Atelier des 5 Sens, une énergie collective se déploie depuis plusieurs mois. Le lieu se développe, s’habite et se construit progressivement, porté par les artistes, les proches, les publics et toutes les rencontres qui le traversent. Cette soirée s’inscrit dans la continuité des précédentes, tout en affirmant un passage : clore l’année ensemble et laisser apparaître clairement ce qui se dessine pour la suite.
Sur près de 1 000 m², expositions, performances, musique, créations en direct et échanges se sont entremêlés. Le public a circulé librement, d’un espace à l’autre, au rythme des rencontres. Chacun·e trouve sa place et contribue à une même direction : faire de l’art un espace accessible, vivant et partagé.
Arts visuels : matières, gestes et engagements
Les peintures, dessins et abstractions ont montré la richesse des écritures plastiques.
Patricia Pierre Gomez Baranda présentait Océano, une collection dédiée à la protection des océans, inspirée de divinités marines et explorant abondance, résistance, souffrance et résilience. Jean Alagna mêlait acrylique, huile et techniques mixtes, tandis que Daniel Casamian proposait dessins abstraits aux marqueurs à alcool, peintures sur toile avec pâte structurante, et compositions cubistes.
Monique Corbeau explorait la matière et le relief dans ses huiles et acryliques au couteau, notamment autour de Marilyn, et utilisait la feuille d’or pour créer éclat et contrastes. Karine Louvet, avec Les 3 visages du monde, incarnait la paix et la force des origines (Amani), la lumière intérieure (Audrey) et le renouveau (Hanae).
Antony Parks jouait avec lumière et reflets avec Réflexions à Portofino, Vincent’s Pool, the shallow end et le Canal de la Robine. Thea Sieger-Girard, avec L’Étang de Thau et La Petite cabane sous le couchant, traduisait atmosphère et lumière des balades au bord de l’étang et dans les vignes.
Enfin, Claire Remy, dans sa série Silence, explorait le plein et le vide, laissant les silhouettes féminines dialoguer avec l’espace ouvert et révélant force et fragilité. Elle a également crée une fresque en direct.
Olivier Ganan complétait cet ensemble avec caricatures, dessins et sa première bande dessinée personnelle, Bande de Blaireaux !.
Photographier le réel autrement
La photographie proposait un regard sensible et engagé sur le monde.
Ysoline Chanson présentait sa vision du Japon, entre tradition et modernité. Régis Grosclaude, avec Cuba, l’âme de la rue, captait scènes quotidiennes, mouvements, ombres et harmonies de couleurs, témoignant de rencontres et échanges simples.
Pascal Sanchez présentait des photographies en noir et blanc et couleur, attachées aux traces, à la lumière et aux instants suspendus. Jean-Philippe Bout exposait deux approches : L’Essence du Contraste, série monochrome célébrant le noir et blanc, et Chromatiques dystopiques, exploration colorée et saturée, oscillant entre pop art et univers parallèles.
Volume, objets et matières
La soirée a également été animée par des sculptures, objets décoratifs et créations textiles, témoignant de la diversité des pratiques manuelles et artistiques.
Martial Blin présentait des objets steampunk issus de l’upcycling, tandis qu’Alexandre Thomas exposait des décorations en zinc entièrement découpées à la main. Elisabeth Loupias proposait des structures en bronze anodisé et terre cuite patinée, et a présenté une sculpture collective réalisée sur place lors de la soirée précédente.
Dans le même esprit de volume et de matière, Jennifer De Meulenaere exposait des pièces céramiques modelées et des toiles textiles en relief, utilisant tissage et tufting pour créer textures et volumes.
Enfin, Lola Torreilles présentait ses tissus patchwork et travaux de tapisserie d’ameublement, avec une création réalisée en direct durant la soirée, mêlant savoir-faire traditionnel et sensibilité contemporaine.
Immersion et création numérique
Olivier Toma présentait peintures abstraites sur différents supports et, avec Ismaël Tharin (société OBVI), quelques participant·e·s ont expérimenté Sakura, première œuvre immersive et multisensorielle réalisée sur plexiglass et déclinée en 3D dans le métavers via un casque de réalité virtuelle.
Performances : corps, voix, musique
Mathilde Michaud, avec son projet Instructions pour voler, a créé une rencontre singulière entre danse aérienne, poésie, bioacoustique et arts visuels. Sa performance combinait pole dance et cerceau avec une musique composée par le duo Keryda avec Sara Evans à la harpe et Damien Papin à la contrebasse accompagné par les signaux électriques naturels produits par une plante.
Par la suite, Mathilde a performé avec un slam produit par Marc D., en l’honneur de L’Atelier des 5 Sens et des personnes qui font vivre le lieu.
La performance s’est ensuite prolongée par une improvisation avec le violoniste Piotr Sapieja, mêlant violon, chant et percussions dans une interaction attentive et harmonieuse. Mathilde a enfin performé avec Patricia Pijot, pianiste et artiste peintre, donnant lieu à une création simultanée en live où peinture, slam et danse se répondaient dans un même élan créatif.
La musique s’est imposée comme un langage commun, tissant des liens entre les participant·es et les artistes. Jean-Philippe Bout, Jamel Houachi et Piotr Sapieja ont improvisé ensemble, mêlant batterie, guitare, violon et voix, dans une interaction fluide où chaque geste et chaque son résonnaient avec les autres. Cette création collective a révélé une véritable osmose, pleinement inscrite dans l’élan du passionnisme défini par l’Atelier : un partage intense, immédiat et vivant, où l’art devient expérience.
Art Deal : rendre l’art accessible
Tout au long de la soirée, le dispositif Art Deal proposait des réductions exceptionnelles sur les œuvres exposées par les artistes. Une démarche en cohérence avec le modèle zéro commission de l’Atelier des 5 Sens, affirmant une volonté concrète de rendre l’art accessible.
Les premiers éclats d’un lieu vivant
Cette soirée a marqué la fin de l’année tout en ouvrant une nouvelle étape pour l’Atelier. Un lieu pas encore officiellement ouvert, mais déjà pleinement habité.
Un immense merci à l’ensemble des artistes, performeur·euses, musicien·nes, publics, proches et soutiens.
Ces moments marquent les prémices d’un espace appelé à se développer et à continuer de faire de l’art un terrain commun accessible à tous·tes.
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