La réalité virtuelle a longtemps été associée au jeu vidéo ou aux expériences de divertissement. Aujourd’hui, elle s’impose progressivement dans les parcours de soin, et ce qui se passe quand elle y entre est plus concret, et plus surprenant, qu’on ne l’imagine souvent.
Des usages déjà bien installés dans les hôpitaux
Depuis plusieurs années, des dispositifs de réalité virtuelle sont utilisés dans des contextes thérapeutiques précis : gestion de la douleur lors d’actes médicaux, traitement des phobies, accompagnement des états anxieux, rééducation motrice.
La société française Butterfly Therapeutics, par exemple, déploie depuis 2011 dans des hôpitaux et centres de soin un système immersif de sédation numérique : le·la patient·e équipé·e d’un casque est plongé·e dans un univers sonore et visuel qui mobilise son attention et réduit la perception de la douleur et de l’angoisse. Les professionnel·les de santé rapportent des effets positifs mesurables sur la relaxation et la réduction du stress.
Le principe : tromper le cerveau pour l’aider
Ce qui rend la réalité virtuelle efficace dans ces contextes, c’est un phénomène bien documenté : le cerveau active les mêmes zones lorsqu’il vit une situation réelle et lorsqu’il la vit en environnement virtuel.
La revue The Conversation l’explique clairement : dans un environnement virtuel bien construit, le cerveau crée une illusion de présence : ce qu’on appelle l’illusion du lieu et l’illusion de plausibilité.
Si ce qu’on perçoit est cohérent avec nos mouvements, le cerveau conclut qu’il s’agit de notre environnement réel. L’exposition à la situation anxiogène ou douloureuse est donc vécue comme réelle, mais dans un cadre sécurisé et contrôlé.
Ce que ça change pour la personne accompagnée
Dans une thérapie par exposition à la réalité virtuelle (TERV), le·la patient·e n’est pas passif·ve. Il·elle navigue dans un environnement, agit et réagit. La revue Santé Mentale souligne que ce type de dispositif crée une expérience « ici et maintenant » qui s’appuie sur une présence active plutôt que sur l’imagination seule.
Cela rejoint quelque chose de fondamental : l’expérience vécue dans le corps a des effets que l’explication intellectuelle n’a pas toujours.
C’est ce que nous souhaitons explorer à l’Atelier des 5 Sens : Pas la réalité virtuelle comme pur gadget, mais l’immersion sensorielle comme outil capable de modifier l’état d’une personne, sa perception d’elle-même et de l’espace. Ce que ces usages thérapeutiques montrent, c’est que l’expérience immersive agit et que cette capacité à agir mérite d’être pensée avec soin.
