La transformation de matière
D’abord, des fibres végétales naturelles ou recyclées sont trempées dans l’eau. Puis, réduites en pulpe et mélangées. Cette matière première est le résultat d’un processus millénaire : le papier artisanal existe depuis le IIe siècle en Chine. Transmis de civilisation en civilisation, jusqu’aux papeteries de l’Hérault qui fonctionnaient encore il y a deux siècles.
Cette transformation se découvre aussi par les sens. Les mains plongent dans l’eau, les fibres circulent, les textures se découvrent et le geste ralentit. Le papier n’est plus seulement un support : il devient une matière à toucher, à observer et à ressentir.
Ensuite, la formation des feuilles commence. La forme, cadre grillagé tendu sur bois, est plongée dans le bain de pulpe. Et relevée en un geste précis et lent. Ce que la forme retient en remontant, c’est une feuille en devenir : humide, fragile, déjà unique. Aucune feuille ne ressemble à une autre, car chaque main fait un geste différent.
Alors, le pressage extrait l’eau et le séchage révèle la feuille définitive : texturée, légèrement irrégulière, portant la mémoire des fibres qui la composent. Cette imperfection n’est pas un défaut, c’est la signature de la main qui l’a faite.
Enfin la création commence sur le papier qu’on vient de fabriquer : cartes, affiches, objets poétiques… Chaque participant·e choisit ce qu’il·elle veut dire avec ce support qui lui appartient entièrement.


