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On parle souvent de l’art-thérapie comme d’une pratique récente, née avec le développement des neurosciences ou des thérapies alternatives contemporaines. C’est oublier une histoire beaucoup plus longue et beaucoup plus politique.

À l’hôpital psychiatrique Blida-Joinville, l’art comme espace clinique et politique

Santé Mentale France a relayé début 2026 une exposition consacrée aux pratiques de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, liées au travail de Frantz Fanon.

Ce que cette exposition remet en lumière, ce n’est pas simplement un précédent historique : c’est une expérience où l’art a été mobilisé dans un contexte psychiatrique traversé par des enjeux de domination, de résistance et de redéfinition du sujet.

À Blida-Joinville, la création n’était pas un outil décoratif. Elle était pensée comme un espace de transformation du rapport à soi dans l’institution et donc aussi du rapport à l’autorité médicale elle-même.

La création comme reconfiguration du sujet

Ce que cette histoire nous apprend, c’est que lorsqu’on place la création au cœur d’un espace de soin, on ne fait pas que « enrichir » le parcours thérapeutique. On reconfigure les relations dans cet espace. Qui parle, qui produit, qui est visible… ces questions ne sont pas neutres.

Le prolongement contemporain dans les institutions de santé

Aujourd’hui, ces enjeux réapparaissent dans des cadres différents. L’AP-HP a organisé un colloque international sur l’art et la résilience à l’hôpital San Salvadour, qui prolonge une même interrogation : comment la création intervient-elle dans les processus de reconstruction psychique et narrative après un traumatisme ? 

Entre les expériences de Blida et les recherches contemporaines sur la résilience, une continuité apparaît :

L’art agit moins sur un symptôme que sur la façon dont une personne peut construire un récit de ce qu’elle a traversé.