La session commence dans le silence et la matière. Chaque participant·e choisit une pièce de céramique brisée, ou en brise une lui-même. Ce choix n’est pas anodin :
Recevoir une pièce déjà fracturée, c’est accepter de travailler avec ce qui a déjà une histoire.
La briser soi-même, c’est accepter de commencer par la destruction intentionnelle avant de pouvoir reconstruire.
Le geste technique s’apprend avec un·e artiste céramiste professionnel·le. Préparer les fractures. Appliquer la laque. Déposer la poudre dorée sur les lignes de cassure avec une patience et une précision qui exigent une présence totale.
Le travail avance et les gestes influencent rapidement les échanges dans le groupe. Les participant·es évoquent des situations vécues : erreurs, projets fragiles, périodes de tension ou d’échec.
Le cadre du Kintsugi permet de parler de ces éléments sans jugement. Les participant·es abordent les ruptures comme des éléments du parcours et les intègrent à l’expérience collective plutôt que de les mettre à distance
Les lignes dorées qui apparaissent sur chaque pièce ne dissimulent rien. Elles révèlent ce qui était caché : la trace de ce qui a tenu, de ce qui a résisté à la pression, de ce qui a été assez solide pour se reconstituer.
La session se clôt par la présentation des pièces restaurées. Chaque participant·e montre ce qu’il ou elle a fait, dit ce qu’il ou elle a choisi de réparer et pourquoi.

